idées qui collent


Le pouvoir du concret (2)

Comment un jeune entrepreneur a réussi à réunir 4,5 millions de dollars auprès d’un groupe d’investisseurs aussi malins que fins connaisseurs de leur domaine.

Hiver 1987, Jerry Kaplan, du haut de ses 29 ans, attendait dans les bureaux de Kleiner Perkins. Ancien chercheur à Stanford, puis salarié chez Lotus aux premières heures de l’entreprise (alors que le tableur 1-2-3 était devenu le produit chouchou des investisseurs et de la Bourse), Kaplan était désormais prêt pour le prochain défi. Son idée : créer une génération d’ordinateurs portables plus petits.

Pour un entrepreneur, avoir l’occasion de défendre une idée auprès d’un capital-risqueur est un événement  considérable, et avoir la chance de la présenter à Kleiner Perkins – la société la plus prestigieuse de la Silicon Valley – c’est un peu comme une audition privée avec Steven Spielberg.

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Les choses blanches

Petit test sur la notion de “concret”.
Prenez un crayon, une feuille de papier et réglez votre chronomètre sur 15 secondes.

Étape 1 : Répertoriez le plus grand nombre possible de choses blanches, en 15 secondes.
Étape 2 : Répertoriez le plus grand nombre possible de choses blanches qui se trouvent dans votre réfrigérateur, en 15 secondes.

La plupart des individus réussissent à noter  à peu près autant de choses blanches de leur réfrigérateur que de choses blanches en général, et trouve le deuxième test “plus facile”. Ce résultat est stupéfiant parce que nos réfrigérateurs ne contiennent qu’une infime partie de l’univers.

De même autre exemple :
1. Pensez à 5 choses idiotes que les gens ont faites sur terre durant les 10 dernières années.
2. Pensez à 5 choses idiotes que votre enfant a faites durant les 10 dernières années.

Il semblerait que l’étape 2 paraisse “plus facile”.
Pourquoi ? parce que la “concrétude” est un moyen de mobiliser et de focaliser notre cerveau.

[Source : Chip & Dan Heath
“Ces idées qui collent : Pourquoi certaines idées survivent et d’autres meurent”]


Le pouvoir du concret (1)

La famille Ferrari va à Disney World dans le laboratoire de R&D de HP

En 2002, la société Stone Yamashita Partners a été contactée par Hewlett-Packard (HP). L’équipe de direction d’HP voulait remporter un partenariat avec Disney et elle a demandé à Stone Yamashita de l’aider à préparer une proposition qui mettrait en valeur le savoir faire d’HP  en matière de recherche et montrerait en quoi ce savoir-faire pourrait être utile à Disney pour gérer ses parcs d’attraction.

Stone Yamashita Partners, une petite société de conseil de San Francisco, a été créée par Robert Stone et Keith Yamashita, tous deux anciens créatifs d’Apple, Stone Yamashita est maître dans l’art d’utiliser des techniques concrètes pour aider les organisations à créer le changement. « Presque tout ce que nous faisons est viscéral et visuel », explique Keith Yamashita. Le « produit » de la plupart des sociétés de conseil est souvent une présentation PowerPoint. Chez Stone Yamashita, il est beaucoup plus probable que ce sera une simulation, un événement ou une installation créative.

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Transformer l’idée en expérience 1

Le pouvoir du concret. Plus une idée parle à des aspects différents des émotions et de la mémoire, plus elle accrochera.

Une enseignante de l’Iowa, Jane Elliott, a un jour conçu un message tellement puissant – parlant à tant d’aspect différents des émotions et de la mémoire – que vingt ans plus tard, ses élèves s’en souviennent toujours.

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Communication : l’importance du concret

Même les experts ont besoin de transparence.

Prenons par exemple une jeune société de conception de logiciels dont le but est de construire « le prochain grand moteur de recherches. » Dans la société, il y a deux programmeurs qui possèdent à peu près les mêmes connaissances, qui travaillent dans deux bureaux voisins.

Pour l’un, « le prochain grand moteur de recherches » est synonyme d’exhaustivité, le moteur devant restituer tout ce qui se trouve sur le Web qui peut être pertinent pour la requête, aussi anecdotiques l’information ou la source soient-elles.
Pour l’autre, c’est synonyme de rapidité, assurer de très bons résultats en très peu de temps.

Ils ne travailleront pas dans le même sens tant que l’objectif ne sera pas plus concret.

[Extrait de Chip & Dan Heath
“Ces idées qui collent : Pourquoi certaines idées survivent et d’autres meurent”]


Communication & malédiction du savoir

La « malédiction du savoir » est le fait que nous tenions pour évidents les messages que nous voulons faire passer. Nous avons perdu la capacité d’imaginer ce que c’est que de regarder avec des yeux de néophyte. On oublie facilement que l’on s’exprime comme un spécialiste. Parler de manière concrète de sujets que nous connaissons depuis des années peut nous sembler artificiel. Mais si nous acceptons de faire cet effort, nous serons récompensés : notre public comprendra ce que nous sommes en train de dire et s’en souviendra. Ces problèmes de communication ont sans doute un parfum de déjà vu. Comment les résout-on ?

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De l’inattendu dans un message

La meilleure façon d’éveiller l’intérêt des individus est de briser directement leurs schémas existants.

Nora Ephron est scénariste (Quand Harry rencontre Sally, Nuit Blanche à Seattle), elle se souvient encore de son premier cours de journalisme.

Les élèves sont assis devant leurs machines à écrire et le professeur leur a confié leur première mission : rédiger l’attaque d’un article de quotidien. Le professeur leur dévoila les faits : “Kenneth I. Peters, proviseur du lycée de Beverly Hills, vient d’annoncer que toute l’équipe enseignante se rendrait à Sacramento jeudi prochain pour un colloque sur les nouvelles méthodes d’enseignement. Interviendront notamment à la tribune l’anthropologue Margaret Mead, le président du lycée Robert Maynard Hutchins et le gouverneur de Californie, Edmund Pat Brown.”

Les journalistes en herbe s’attaquèrent donc à leur première “attaque”, en réorganisant les faits pour les condenser dans une seule pharse : “Le gouverneur Pat Brown, Margaret Mead et Robert Maynard Hutchins prendront la parole jeudi prochain à Sacramento, devant les enseignants du lycée de Beverly Hills…”

Le professeur ramassa les feuilles et les parcourut rapidement. Puis il les posa sur son bureau et resta silencieux quelques instants. Lorsqu’il reprit la parole, ce fut pour dire : “L’attaque de l’article est : Il n’y aura pas école jeudi prochain.”

“J’ai vécu quelque chose d’absolument extraordinaire, se souvient Nora Ephron. J’ai brutalement compris que le journalisme, ce n’était pas seulement régurgiter des faits mais aussi en percer le sens.”

Ce professeur a eu un impact formidable avec une idée qui, en quelques secondes, a réécrit le schéma du journalisme dans l’esprit de ses élèves.

[Extrait du livre de Chip & Dan Heath
“Ces idées qui collent : Pourquoi certaines idées survivent et d’autres meurent”]