Citoyenneté


[Extrait] Les dix enfants que Mme Ming n’a jamais eus, EE.Schmitt (2)
Uniques ou interchangeables ?

Extrait de “Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus” d’EE. Schmitt.

“J’eus le malheur de contempler l’usine d’une façon panoramique : les ouvrières asiatiques, chapeautées, affublées de blouses turquoise, se ressemblaient ! Je frissonnai…

Quoi ? C’était cela notre condition ? Nous nous croyons rares alors que nous provenons du même moule ? Pareils, y compris par la prétention d’êtres uniques…

J’allai effleurer les poupons. Si aujourd’hui, ils restaient interchangeables, demain, dès qu’ils seraient adoptés par un enfant, ils se différencieraient, remplis d’amour, tatoués d’une histoire, marqués par les expériences. C’est l’imagination qui arrache à la banalité, à la répétition, à l’uniformité. Dans le destin des jouets, je repérais celui des homme : seule l’imagination, produisant des fictions et forgeant des liens rêvés, crée des originaux ; sans elle, nous serions proches, trop proches, analogues, aplatis les uns sur les autres dans les bennes de la réalité.”

[Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus,
Eric-Emmanuel Schmitt]

Le résumé ici :  (suite…)


[Extrait] Les dix enfants que Mme Ming n’a jamais eus, EE.Schmitt (1)
Le don est inéquitable

Extrait de “Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus” d’EE. Schmitt.

“La joie se cache en tout, il faut réussir à l’extraire”

“Où allons-nous fourguer cette morveuse qui ne voit pas ce que chacun voit mais voit ce que personne ne voit ?” A l’époque, monsieur, j’ignorais que les élus ne réussissent que l’extraordinaire et loupent l’ordinaire. Le don, c’est inéquitable, autant pour ceux qui le reçoivent que pour ceux qui en manquent.”

[Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus,
Eric-Emmanuel Schmitt]

Le résumé ici :  (suite…)


[Extrait] Brida, P.Coelho (3)
Toute question a une réponse

Extrait de “Brida” de Paulo Coelho.

“Le poète anglais William Blake avait écrit deux siècles auparavant : “Toute question qui se conçoit a une réponse.” (…) Si elle était capable de poser une question, c’est que, dans un autre Univers, il y avait une réponse. Quelqu’un savait, même si elle ne saurait jamais. Elle n’avait plus besoin de comprendre la signification de la vie ; il suffisait de rencontrer le Quelqu’un qui savait. Et alors, dormir dans ses bras du sommeil d’un enfant, qui sait que quelqu’un qui est plus fort que lui le protège de tout le mal et de tout le danger.”

“Tous les vivants possédaient, au moins une fois dans chaque incarnation, le secret de l’Univers. Ils s’enfonçaient sans le vouloir dans la Nuit Obscure. Malheureusement, ils manquaient presque toujours de confiance en eux et refusaient d’y retourner. Et le Sacré-Cœur, qui nourrissait le monde de son amour, de sa paix, et du don total de lui-même, était de nouveau entouré d’épines.”

“(…) le temps des miracles était de retour, personne ne pouvait rester étranger aux changements que le monde allait connaître par la suite. (…) Tous ceux qui ne suivraient pas son chemin commenceraient à se sentir insatisfaits d’eux-mêmes, et ils seraient forcés de choisir. Ou bien accepter une existence entourée de désillusion et de douleur, ou bien comprendre  que tout le monde est né pour être heureux. Une fois le choix fait, il n’y aurait plus moyen de changer ; et le grand combat serait mené.”

[Brida, Paulo Coelho]

Le résumé du livre ici :  (suite…)


Tous conditonnés

“Visez le petit. Préparez votre cible. Marquez-la au front le plus tôt possible. Seul l’enfant apprend bien […] Les cigarettiers et les limonadiers savent que plus tôt l’enfant goûtera, plus il sera accro. Les neurosciences ont appris aux entreprises les âges idéaux auxquels un apprentissage donné se fait le plus facilement.”

[Patrick Georges, Michel Badoc,
Le neuromarketing en action : Parler et vendre au cerveau, Eyrolles, 2010]

Très éthique, n’est-ce pas ? On fait rentrer des messages à l’insu du système : “obtenir quelque chose de quelqu’un à son insu et contre sa volonté”. Michel Desmurget, chercheur en neurosciences, qualifie cela de viol dans cette vidéo :


Le capitalisme, un outil de marchandisation de l’Être

Francis Cousin, philosophe et auteur de l’essai “L’Être contre l’Avoir”, explique dans sa conférence de février 2015, comment le capitalisme est un outil de marchandisation de l’Être, qui devient une chose. Sa nature est d’optimiser le processus de production avec pour seule vue le profit. “C’est un système, mais si c’était une personne, nous dirions que c’est un psychopathe”.

En s’appuyant sur Heggel et Marx, il oppose le principe d’échange, de troc et l’argent “le fétichisme de la marchandise” qui divise, aliène l’Être et mène invariablement aux dérives de notre société (spéculation, paupérisation, sur-exploitation de l’environnement, gestation pour autrui…) à une idée de communauté universelle basée sur le don, l’unité et le développement de l’Être (à l’image des communautés indigènes où chacun s’implique naturellement dans l’amour et le respect de soi et de sa nature, de l’autre et de l’environnement – cf. Danse avec les loups).


Une guerre ?!! 1

Je commence à m’inquiéter : pas tant des terroristes (8 sur 66 millions) mais de la punition collective : la guerre qui se prépare… les français ont peur, le régime devient sécuritaire (constitution modifiée, écoute possible sans mandat,  forces de l’ordre pouvant porter une arme en permanence, coalition avec des pays aux valeurs douteuses, etc), les recrutements dans l’armée se multiplient (de 10, on est passé à 60 jeunes se proposant tous les jours), la haine monte dans l’opinion… certains des régimes les plus meurtriers ont démarré ainsi…

Les terroristes ne sont que quelques jeunes paumés, exclus du système, et engagés par une secte : depuis quand on s’attaque aux sectes et aux marginaux avec un tel dispositif ? nous avons plutôt besoin de prévention et de précaution. Là, on leur donne encore plus de pouvoir. Comment faire passer le message à ceux qui prennent les décisions à notre place ?

Bon sang, on ne lève pas le petit doigt pour des génocides avec des milliers de morts et là on va créer une guerre mondiale ! et s’ils deviennent plus puissants avec nos bêtises, renforçant les convictions de tous ceux qui hésitent, tout ce qu’on va obtenir c’est une attaque bactériologique. On ne vainc pas la violence par la violence, surtout quand elle est diffusée au compte goutte au sein même de notre société !!!


…pour qu’ils baissent les armes

Face aux événements de vendredi, je vois fleurir partout des arguments “eux contre nous”. Pourtant, nous nous sommes fait attaqués de l’intérieur, par des français embrigadés. Il y a encore plus de 2000 personnes sur notre sol dans le même état d’esprit : qui croient au discours fanatique – et plus encore qui alimentent les extrémismes et les divisions. La vraie question est comment est-il possible que de telles idées s’enracinent au sein même de notre pays ? Sont-ils le produit de la violence de notre société ? Si la propagande extrémiste a eu un tel effet sur eux, peut-on en proposer une autre qui les ramène sur un chemin pacifiste ? Je ne sais pas. Mais je suis certaine qu’à l’inverse, en s’opposant frontalement à eux, on renforce leurs convictions.

Je souhaiterais connaître juste une de ces personnes, terroriste en puissance, et lui parler les yeux dans les yeux. J’aimerais lui dire que nos sociétés sont violentes, que les guerres sont cruelles et injustes peu importe les continents. Je voudrais lui dire que j’entends la souffrance du monde et la sienne mais que ce n’est pas en adoptant des solutions extrêmes que nous la calmerons. Je désirerais vraiment qu’elle comprenne qu’elle a aussi le droit d’exister dans notre société plutôt que d’aller suivre des gourous fanatiques pour donner un sens à son existence. J’aimerais lui montrer la beauté du monde… et qu’elle baisse les armes. Utopique ? Réécoutez la vidéo…