L’envie et le désir


Quelle différence entre l’envie et le désir ?

Dans le dictionnaire aucune, ils sont synonyme l’un de l’autre et les définitions sont similaires. Ils ont d’ailleurs d’autres termes analogues qui ne sont pas plus différenciés en termes de définition : souhait, aspiration… Pourtant, moi, j’en note une de différence. Alors soit nous manquons de vocabulaire, soit nous manquons de subtilité, soit j’ai raté quelque chose… en attendant, pour pallier à cette absence, voici ce que je propose.

Pour moi, l’envie est plus proche de l’aspiration, définie comme « une force intérieure, une tendance profonde qui pousse quelqu’un vers un idéal ou une meilleure situation ». Dans cette notion, l’action est motivée par l’amour, elle apporte elle-même une satisfaction. Alors qu’à l’inverse, le désir « est un effort de réduction d’une tension issue d’un sentiment de manque », il est donc motivé par l’absence. Toute la différence est là. Dans le premier cas, le chemin vers l’objet de l’envie est lui-même une source d’épanouissement et l’atteinte de l’objectif est secondaire. Le plaisir naît du fait qu’on réalise ce que l’on aime. Dans le second cas, c’est l’atteinte de l’objectif qui compte, pour permettre un plaisir éphémère venant combler un manque.

Un exemple un peu simpliste donnerait : « j’ai envie de jouer au foot vs. je désire marquer des buts ». Dans un cas, le simple fait de jouer est plaisant, dans le second la notion d’objectif et de performance prime et peut générer de la frustration en cas d’échec.

Cette notion est importante car sur un chemin d’éveil, la distinction des deux permet de prendre des mesures différentes. Il s’agit d’encourager les envies motivées par l’amour et de prendre conscience des désirs existants du fait d’un manque… pour apprendre à les combler autrement que par une quête sans fin de plaisirs ponctuels. L’objet désiré n’est alors qu’un symbole, une construction mentale cachant un vide intérieur. Pour se construire, il faudra alors l’appréhender avec bienveillance et apprendre à le combler par nous-même.

Voici un passage de « le vide en psychanalyse – Vanessa Lalo » évoquant ce vide :

Le vide est une organisation contre l’effondrement psychotique. Le vide est une condition nécessaire et préalable au désir : pour le comprendre, ce n’est pas au traumatisme qu’il faut penser, mais au fait que là où quelque chose aurait pu être bénéfique, rien ne s’est produit. « Avant de commencer à se remplir. » Il y a eu un effondrement dans l’aire de la confiance, qui a retenti sur l’organisation du moi. L’enfant échoue dans la création d’une réalité suffisamment bonne. L’objet perd alors son caractère sécurisant et le vide qui en découle, devient un reste inélaborable qui ne cesse pas. « L’instant catastrophique qui ne connaît pas de limites, ni de surfaces où se réfléchir. » La construction du sujet se fait donc en creux de quelque chose, là où résiderait un non-être, qui quand il se réactive, laisse le sujet dans des « angoisses disséquantes primitives ». D’où la mise en place de ce système défensif.

Il s’agira alors de repérer ces angoisses primitives, car elles représentent la crainte d’un effondrement qui a déjà eu lieu, seulement le sujet n’y était pas [enfant non conscient]. Ce « déjà eu lieu » est concomitant avec un « pas encore éprouvé » que le patient cherche en vain dans l’avenir. Dans ce cas, la seule façon de se souvenir est que le patient fasse pour la première fois, dans le présent, c’est-à-dire dans le transfert, l’épreuve de cette chose passée. Les « processus limites de vide » émergent de ce « pas encore éprouvé » paradoxalement éprouvé en permanence. Patience en attendant que le patient puisse prendre le risque de faire chuter son système défensif édifié « contre l’imprévisible et sa conséquence effroyable qu’est l’expérience de l’horreur. »

A mon sens, c’est tout le sujet de la dépendance affective ou addictive qui est abordé là. Dès lors qu’on dépend de quelqu’un ou quelque chose, c’est qu’on essaie de combler un manque dont on n’a pas pris conscience. La prise de conscience est la première étape. Ensuite, vient la reconstruction.

Exemple :

  1. « Je suis dépendant des signes de reconnaissance »
  2. « Je me rends compte que je manque d’estime de moi »
  3. « Je prends conscience de toutes ces fois où je me maltraite intérieurement »
  4. « J’ai à apprendre à m’aimer et me donner ces signes de reconnaissance »
  5. « Je prends la décision de changer »
  6. « Je remplace progressivement chaque critique intérieure par de l’indulgence et des encouragements »

Le travail de questionnement est le suivant : « j’ai envie de fumer » pourquoi ? « parce que je suis stressé » pourquoi ? « car j’ai peur de ne pas être assez performant sur ce dossier » pourquoi avoir besoin d’être performant ? « pour obtenir la reconnaissance dont j’ai besoin » etc.

En conclusion : pour devenir vous-même, suivez vos envies et étudiez vos désirs pour vous en libérer !!

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