La confiance est inutile en soi


confiance en soi

Quand on aborde le thème de la confiance en soi, on a tous en tête ces phrases pleine de bon sens, mais très peu aidantes : « Tu manques de confiance en toi, pourtant il n’y a pas de raison ! Tu as plein de qualités ! » « Aie confiance en toi, tu vas y arriver » « Tu te préoccupes trop du regard des autres. » « Tout le monde ne peut pas t’aimer ! ». Pour regagner de l’assurance, je vous propose d’étudier la question en détails. Au travers de ces 3 points, vous allez découvrir que le sujet n’est pas tant la confiance en soi que l’affirmation de ses choix. Car la confiance ne se décrète pas !

  1. La confiance est un acte de foi.
  2. Ôtez-moi d’un doute. L’assurance est un choix.
  3. L’affirmation… de soi.
    • Être soi. L’estime de soi.
    • Définir ses objectifs et ses limites pour agir.
    • S’affirmer face aux autres, malgré nos peurs et nos drivers.

La confiance est un acte de foi.

La confiance, d’après la définition même du terme, est un « sentiment de sécurité (de foi) de quelqu’un qui se fie à quelque chose ». Dès lors, deux perspectives se profilent pour améliorer sa confiance en soi :

  1. Se rattacher à sa foi, qu’elle soit spirituelle : « Tout arrive toujours pour une bonne raison », religieuse « Les voies du Seigneur sont impénétrables », psychologique « Je suis guidé par mon inconscient, qui me place face aux problèmes que j’ai à résoudre », ou personnelle « Quoi qu’il arrive, je trouverai toujours un moyen »et oser ! En étant persuadé que l’ont vit ce que l’on a à vivre, il n’est pas nécessaire d’être sûr de soi pour avancer. Il suffit d’identifier nos envies (la voie à suivre), de sécuriser nos peurs* (les obstacles), puis d’agir. (*il s’agit de clarifier le point précis qui nous inquiète et trouver les ressources pour encadrer la situation).
    Fin du problème.
  2. Aborder le sujet différemment. Oui, parce que ça paraît un peu facile comme ça… Alors pour ceux qui ont le stress chevillé au corps, je vous propose de creuser le sujet ci-après.

Tentons d’opérer du point de vue des agnostiques. Les agnostiques considèrent que la seule vérité est celle de l’expérience : ce qui échappe à l’expérience ne peut être connu avec certitude. Pour eux, il est impossible de déterminer dans l’absolu ce qui existe ou non. Seul existe le résultat de nos sens : « Je ne crois que ce que je vois » (ce que j’entends, ce que je touche, ce que je peux expérimenter), voire de nos pensées : « Je pense donc je suis » (très bonne vidéo pour comprendre l’idée de Descartes ). Bref, du point de vue des agnostiques, c’est la réalité du présent qui compte.

Or, la confiance implique l’inconnu et le futur.

La confiance, c’est ressentir l’état de celui qui sait ; c’est croire au point d’être persuadé « de savoir ». Alors, pour peu que vous soyez :

  • informé que vous n’êtes pas infaillible,
  • lucide sur l’infinité d’options qu’offre le futur,
  • très conscient des attentes de réussite qu’implique votre assurance,

il vous est évidemment impossible d’avoir une confiance absolue en vous ou en l’avenir. En effet, avoir confiance en soi, c’est :

  • considérer sa capacité à relever un défi.
  • = évaluer sa probabilité de réussite.
  • = faire un pari sur l’avenir, au regard de ses expériences passées.

Or, tout pari contient par essence un pourcentage d’incertitude, donc de doute.

Dès lors, tout ce que vous pouvez proposer c’est « de faire de votre mieux », et c’est rarement suffisant pour vous et vos interlocuteurs qui veulent être rassurés.

Ôtez moi d’un doute. L’assurance est un choix.

En fait, ce qui est attendu de « la confiance en soi », c’est l’assurance. C’est la capacité à faire disparaître le doute (la peur de l’incertitude et de l’inconnu). Et cette aptitude ne dépend pas tant de dons de medium, que de la capacité à faire des choix. Celui qui sait ce qu’il veut est rassurant, car il sait où il va et comment il y va, peu importe ce qu’il va y trouver (« je veux ça, je veux tenter de l’atteindre de telle façon, et je veux impliquer tel élément »). Dès lors, il ne s’agit plus tant de savoir ce qu’on sait faire, que de savoir ce qu’on veut… au présent.

Avoir confiance en soi implique trop de paramètres et d’inconnu, mais démontrer de l’assurance car on sait ce qu’on veut est beaucoup plus accessible. Le hasard n’entre plus en jeu. On a le droit de se planter, car l’énoncé n’implique plus nos compétences ou qui nous sommes. Il s’agit juste d’être au clair avec la voie que l’on souhaite emprunter et expérimenter à un instant T. Et pour cela, il suffit de bien se connaître et de se détacher des autres pour tracer sa voie.

En effet, nous effectuons des choix à chaque instant. La question est : qu’est-ce qui les guide ? Ma volonté ou celle des autres ? Est-ce que j’inclus inconsciemment des paramètres que je ne maîtrise pas dans mes choix ? Quelle est mon intention ? Est-ce que j’essaie de faire plaisir par exemple ? Tant que mes choix seront soumis à l’éventuelle (dés)approbation des autres ou essaieront d’anticiper l’avenir pour satisfaire nos ou leurs attentes futures, ils manqueront d’assurance. Par contre, s’ils répondent à la question présente : « qu’ai-je envie d’expérimenter maintenant ? », ils seront beaucoup plus assurés.

Bien, dès lors, le sujet qui nous préoccupe ne repose plus que sur l’affirmation… de soi (face aux autres).

L’affirmation… de soi.

S’affirmer, c’est être capable de manifester nos choix avec assurance, face aux autres.
Voici, finalement, la seule équation que nous cherchons à résoudre, et qui détermine notre niveau de confiance : « être Soi parmi les autres ». C’est un équilibre subtile à trouver à chaque instant, qui implique 3 paramètres : soi, l’action, les autres. 

1. Être Soi. L’estime soi.

Qu’est-ce qu’être soi ? Être soi, c’est être capable de satisfaire ses besoins et ses aspirations. L’homme n’est asservi qu’à ses besoins. Les besoins se manifestent par les sensations et les émotions, et l’évaluation de leur satisfaction détermine le niveau d’estime de soi. Or l’estime de soi est un des fondements de la confiance en soi. Une personne en pleine santé, reconnue par son entourage et qui réalise son potentiel en toute autonomie, sera évidemment plus satisfaite d’elle-même et confiante, qu’une personne soumise aux événements extérieurs, qui agit à l’encontre de ses aspirations, au point de s’en rendre malade.

Malheureusement, ces besoins sont multiples et pas toujours idéalement compatibles. Entre prendre soin de soi et se réaliser… et appartenir au groupe/ à la norme sociale pour être reconnu… (tous des besoins essentiels !) l’équilibre est subtile. En effet, l’homme doit combler de façon équilibrée 3 types de besoins fondamentaux : les besoins physiologiques (liés à l’organisme), les besoins sociaux (appartenance, reconnaissance) et les besoins cognitifs (autonomie, réalisation). Si un des champs s’atrophie ou s’hypertrophie, c’est tout le système qui en pâtit.

2. Définir son objectif et ses limites pour agir.

Pour affirmer ses choix, il est d’abord nécessaire de les définir. L’idée est d’être au clair à chaque instant avec ces 3 questions :

  • [Aspiration à Long Terme] Qu’est-ce que je souhaite pour ma vie ?
  • [Objectif à Moyen Terme] Comment je veux y parvenir ?
  • [Action à Court Terme] Quel petit pas puis-je faire en ce sens ?

L’action à court terme doit être très concrète, quand l’aspiration à long terme peut être plus floue.
Par exemple : Je souhaite réaliser mon profil multi-potentiel, et avoir un impact sur la société en prenant la parole pour la transformer. J’ai besoin à moyen terme de développer mes compétences en sens ce et d’acquérir de l’expérience. Je contacte mon partenaire et manifeste ma disponibilité pour une mission avec cette intention.

En parallèle, il est également utile d’être au clair avec ses limites (ses besoins) pour les faire respecter. 
Exemple : J’ai besoin de respecter un certain rythme (dormir 8 heures par nuit, me nourrir régulièrement et sainement, prendre du temps pour moi), de me sentir en sécurité, d’avoir des contacts sociaux de qualité et la possibilité d’évoluer constamment. Je refuse d’être soumise à un rythme effréné mettant en danger mon équilibre, aux comportements négatifs de mon entourage et à une routine ennuyeuse. 

3. S’affirmer face aux autres, malgré nos peurs et nos drivers.

Une fois au clair avec soi-même, il suffit de s’affirmer, c’est à dire d’exprimer à l’autre ses besoins et ses objectifs… tout en tenant compte de la réalité. C’est le moment où tous les réflexes et les peurs ancrées depuis l’enfance se révèlent. 

Dans un monde idéal, chaque personne :

  1. est consciente de ses émotions et ses besoins
  2. sait les exprimer simplement, via des demandes raisonnables
  3. souhaite collaborer avec l’autre dans la bienveillance
  4. est responsable de ses besoins… sans faire porter toutes ses attentes sur une seule autre personne
  5. est capable d’accepter un désaccord et la réalité sereinement

En réalité, les personnes que nous côtoyons :

  1. sont souvent peu conscientes de leurs émotions et leurs besoins
  2. sont bridées par des tabous ou des conventions qui limitent leur expression
  3. n’ont pas toujours envie d’entrer en relation
  4. préfèrent reporter leurs frustrations sur autrui
  5. acceptent difficilement que la réalité ne corresponde pas à leur attentes

Résultat :

  1. les besoins ne sont pas comblés
  2. les émotions s’amplifient, l’expression devient émotionnelle
  3. les conflits ou le rejet apparaissent
  4. les phénomènes de domination ou de manipulation émergent
  5. le cycle du deuil s’enclenche à chaque dissonance, avec son lot d’écueils
    (déni, marchandage, colère, tristesse, résignation, acceptation, reconstruction)

A force de vivre ces situations, un certain nombres de limites se sont ancrées en nous. Nous les éprouvons à chaque événement similaire qui se présente. Sur le blog pratiquer-la-méditation, l’auteur nous explique « comment reprendre confiance en soi » et fait part des écrits du Docteur Isabelle Filliozat :

« Un enfant ne naît pas avec un manque de confiance. Si les réactions de soumission et de peur sont génétiquement programmées, elles ne deviennent une habitude que lorsque l’enfant a appris à avoir peur de certaines situations. Son cerveau déclenche alors les phénomènes physiologiques et psychologiques appropriés à ce qu’il interprète comme ressemblants à la situation traumatique du passé. Selon les expériences que l’enfant sera amené à vivre, il va intégrer ou non une bonne dose de confiance en lui, c’est-à-dire qu’il va savoir ne déclencher ses réactions de retrait que dans les circonstances qui le nécessitent vraiment. »

Devant celui ou celle qui représente une figure d’autorité, la personne va instinctivement revivre son stress et se remettre en position de soumission (de survie). Raisonner ou culpabiliser est inutile, puisque c’est un réflexe ancré dans le corps. Seule la prise de conscience des sensations et des ordres inconscients qui l’animent pourront l’aider à s’en détacher. Ces injonctions sont regroupées en 5 catégories – ou drivers :

  • Sois parfait. La personne est perfectionniste, au point de ne pas oser agir par peur de mal faire. La solution : s’autoriser à être humain (faillible).
  • Sois fort. La personne est battante mais ne supporte pas la faiblesse (les siennes ou celles d’autrui). La solution : s’autoriser à s’ouvrir.
  • Fais des efforts. La personne est engagée, mais elle est plus intéressée par l’action que le résultat. La solution : s’autoriser à réussir.
  • Dépêche toi. La personne est dynamique, proactive jusqu’au surmenage. La solution : s’autoriser à prendre son temps.
  • Fais plaisir. La personne se sent responsable des autres, elle est avenante mais victime des autres. La solution : s’autoriser à se faire plaisir à soi.

La solution est de prendre conscience de sa soumission pour s’en affranchir. Il s’agit de cesser immédiatement tout comportement qui s’apparente à un « don de soi » inconscient. Certaines personnes n’entreront jamais en relation, ne seront jamais satisfaites de ce qu’on leur offre ou demanderont toujours plus. Multiplier les efforts à leur égard équivaut à adopter une position de mendicité (j’accomplis tant d’efforts en échange d’un peu d’attention) ou de soumission (si je me plie à sa volonté, j’évite la foudre). Donner sans retour crée un déséquilibre. C’est prendre le risque de connaître une chute brutale de sa propre estime.

S’affirmer, c’est regagner son pouvoir… de choisir. Car, en réalité, seuls nos choix définissent qui nous sommes et le chemin que nous suivons. Nos qualités identitaires ne sont que la somme de nos comportements récurrents, et nos valeurs découlent des qualités auxquelles nous accordons de l’importance. Il est inutile de lutter contre les étiquettes que d’autres nous collent. Elles ne révèlent que leurs propres limitations – les comportements qu’ils ne s’autorisent pas. Pour autant, il est nécessaire de les connaître et de s’en méfier. Cela permet d’adopter les stratégies adéquates pour atteindre son but, sans rencontrer trop d’obstacles provenant des autres. Une des parades pourra être, par exemple, la meta-communication : faire remarquer ce qui se joue dans la relation et faire émerger le besoin réel pour y répondre plus sereinement.

Conclusion

Pour faire preuve de plus d’assurance, l’astuce est de se demande à chaque instant :

  1. « Qu’est-ce que je veux vraiment ? »
    (plutôt qu’un « qu’est-ce que l’autre attend de moi ? » inconscient)
  2. « Comment puis-je m’y prendre pour avoir une chance de réussir ? »
    (plutôt que des « je dois y arriver seul(e) », « je n’y arriverai pas »)

et de ne se laisser ni ébranler, ni soumettre par les réactions réelles ou présumées de ses interlocuteurs. La plus petite de nos actions découle toujours d’une intention, il est nécessaire d’en avoir conscience ! Plus on est clair avec soi-même, plus on est confiant.

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