Billets du jour : 5 mai 2012


[Extrait] Les enfants de la liberté, M.Lévy
Rien n’a changé

“Je me doute bien que ma pensée est confuse, que les mots se bousculent dans ma tête, mais à partir de ce lundi midi et pendant deux ans, sans cesse mon coeur va battre dans ma poitrine au rythme que lui impose la peur ; j’ai eu peur pendant deux ans, je me réveille encore parfois la nuit avec cette foutue sensation. (…) Alors voilà un petit bout de l’histoire de Charles, Claude, Alonso, Catherine, Sophie, Rosine, Marc, Emilie, Robert, mes copains, espagnols, italiens, polonais, hongrois, roumains, les enfants de la liberté.

“Et puisque la population se préparait à l’acclamer, ce Maréchal, il fallait sonner notre tocsin, réveiller les gens de cette peur si dangereuse, celle qui gagne les foules et les conduit à baisser les bras, à accepter n’importe quoi ; à se taire avec pour seule excuse à la lâcheté que le voisin fait de même et que si le voisin fait de même, c’est donc ainsi qu’il faut faire.”

“Tu vois, dans cette France triste, il y avait non seulement des concierges et des logeuses formidables, mais aussi des mères généreuses, des voyageurs épatants, des gens anonymes qui résistaient à leur manière, des gens anonymes qui refusaient de faire comme le voisin, des gens anonymes qui dérogeaient aux règles puisqu’elles étaient indignes.”

[Les enfants de la liberté, Marc Lévy]


[Extrait] La sorcière de Portobello, P.Coelho
Jung, les 4 étapes du progrès individuel
1

Tout le monde cherche l’idéal de la beauté, de la danse, de la divinité, de la musique. Cependant, la société se charge de définir comment ces idéaux vont se manifester au plan réel. (…) Il se passe la même chose pour le bonheur : il existe une série de règles que vous devez suivre, sinon votre conscient n’acceptera pas l’idée que vous êtes heureux.

Jung avait l’habitude de classer le progrès individuel en 4 étapes :

  • la première était la Persona – masque que nous portons tous les jours, imitant celui que nous sommes. Nous sommes convaincus que le monde dépend de nous, que nous sommes des parents parfaits et que nos enfants ne nous comprennent pas, que les patrons sont injustes, que le rêve de l’être humain est de ne jamais travailler et de passer sa vie à voyager. Beaucoup de gens se rendent compte que quelque chose ne va pas dans cette histoire : mais comme ils ne veulent rien changer, ils chassent rapidement le sujet de leur esprit. Quelques-uns veulent comprendre ce qui ne va pas, et ils finissent par rencontrer l’Ombre.
  • l’Ombre est notre côté noir, qui dicte la façon dont nous devons agir et nous comporter. Quand nous tentons de nous délivrer de la Persona, nous allumons une lumière en nous, et nous voyons les toiles d’araignée, la lâcheté, la mesquinerie. L’Ombre est là pour nous empêcher de progresser – et en général elle y parvient, nous nous dépêchons de redevenir ce que nous étions avant de douter. Cependant, certains survivent à cette confrontation violente avec leurs toiles d’araignée, en disant : “Certes, j’ai un tas de défauts, mais je suis digne, et je veux aller de l’avant.” A ce moment là, l’Ombre disparaît et nous entrons en contact avec l’Âme.
  • Par Âme, Jung ne définit rien de religieux ; il parle d’un retour à cette Âme du Monde, source de la connaissance. Les instincts se réveillent, les émotions sont radicales, les signes de la vie sont plus importants que la logique, la perception de la réalité n’est plus aussi rigide. Nous commençons à savoir nous y prendre avec des choses auxquelles nous ne sommes pas habitués, à réagir d’une façon pour nous inattendue.
  • Et nous découvrons que, si nous parvenons à canaliser ce jaillissement continu d’énergie, nous allons l’ordonner dans une centre très solide, que Jung appelle le Vieux sage pour les hommes, ou la Grande Mère pour les femmes.

[La sorcière de Portobello, Paulo Coelho]